évolution

Philippe Maurice nous présente dans la galerie une nouvelle série de peinture, série qui nous invite à changer notre regard et nous interroger sur notre humanité.

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"L’humanité, sa présence, son existence même, voilà ce qui est au cœur de ma peinture. J’ai choisi de peindre la part de l’ombre, celle de l’animal armé de conscience qui nous fait nous battre au service d’une seule chose : notre survie.
Parce que l’Homme survit. Il creuse, il rampe, il avance, coûte que coûte, c’est dans sa nature. Il résiste, quoi qu’il lui arrive, il résiste parce qu’il n’y a plus rien d’autre à faire. Face à l’innommable il devient fou. Mais il survit.
Nous pourrions nous inquiéter pour une société, une culture, celles là même qui ont fait croire à certains êtres qu’ils étaient les égaux de Dieu. Mais ce qui se détruit ici se reconstruit ailleurs. Sur les ruines on viendra méditer.
Rien n’arrêtera cet élan ; l’individu n’a que du désir et très peu de sagesse. Il avance, il est le centre de son monde, ce monde qui n’existe que pour lui. Ce qu’il détruit, il le remplace par autre chose. Il contrôle, il organise, il se réinvente, s’adapte ; le plus merveilleux des virus, capable de toutes les transformations pour assurer une seule chose ; sa survie. Chaque découverte, chaque progrès depuis l’aube de l’humanité n’ont servit qu’à ça. Aucun obstacle ne doit venir entraver cette longue marche vers l’infini.

Alors les lumières ne sont pas joyeuses, les visages, les têtes et les corps non plus. Tout ne semble que folie silencieuse et déchirement. Toute tentative d’accéder au fantasme de l’espérance se heurte au grotesque d’une mise en scène de l’absurde comédie que nous jouons ensemble. Pour espérer il faudrait tout oublier, et oublier n’est plus possible après des siècles de barbarie. Les corps et les visages s’étalent, douleur impossible à regarder, impossible à quitter des yeux car ils sont notre conscience qui soudain s’impose à nous.
Il n’est jamais facile d’affronter le miroir. Mais que valons-nous s’il nous est impossible de faire face à notre condition et à notre Histoire ? Qu’elle est notre part d’ombre, notre animalité ? Comment reconstruire un lien avec l’Humanité ? Nulle transaction avec la peur, nulle métamorphose de la vérité, l’art doit nous aider à grandir, la peinture à penser."

Vanité ?
Philippe Maurice nous décortique.
Véritable chirurgien plastique il refait le portrait de l’humanité sous un angle inconnu tout en nous laissant dans la bouche cette sensation de "déjà-vu" : partant de radiographies il "re-molde" la vie sur ces squelettes pour nous offrir des vanités contemporaines.
Il transcende l’imagerie médicale froide en faisant battre circulation sanguine, système parasympathique et amas de cellules nerveuses dans les tons chauds et terreux qu’il a coutume d’utiliser. Prolongement logique de ses séries de paysages abstraits tout en matière, ses intérieurs crâniens nous font tout autant voyager.
De ces têtes-de-mort que l’on connaît par cœur sans pour autant les voir au quotidien, de ce capital osseux commun qu’il habille subtilement en sélectionnant les divers strates organiques, il illustre le comportement humain, basique, ludique, intime, par des mises en scène simple et bien ancrées dans notre inconscient collectif, de la peinture religieuse au cinéma érotique.
Philippe Maurice repousse le morbide..."vade retro vanitas" !!!
Léon QUEHOU 2012

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